22 Novembre
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Le Château Duplessis à l'heure du renouveau A l'entrée de son domaine, Philippe Ferrier observe les vignes rougies par l'automne qui s'étendent à perte de vue. 21 hectares viticoles sur lesquels sa famille produit désormais le vin du château Duplessis. En ce samedit, il fait découvrir au grand public ses vignes, ses fûts et ses millésimes. C'est en 2015 que Philippe, né de parents viticulteurs, décide de revenir aux sources et d'acheter un domaine où il pourrait produire son propre vin. Il tombe sous le charme de celui de Marie-Laure Lurton. Sur le rétroprojecteur de la salle de dégustation, des photos de l'ancien domaine défilent. " C'était superbe, mais tout était à refaire. Il fallait reconstruire, réaménager" explique Brigitte, sa femme. Pendant un an, enfants, petits-enfants et grands-parents ont mis la main à la pate. " Avec ma mère, on s'est occupées des chambres et de la salle qu'on loue pour les mariages ou les réceptions. Papa s'est occupé de tout ce qui concerne le vin. On a vraiment décidé de vivre cette aventure en familles " explique leur fille Crystelle. NOUVELLE JEUNESSE Avec la fontaine au bout de l'allée du château et la sculpture du Duplessis qui trône pour accueillir les visiteurs, difficile d'imaginer que tout était presque en ruine. Louis Lopez, l'artiste qui a réalisé la sculpture, a été invité à exposer ses oeuvres pour les portes ouvertes. Je suis ravi de pouvoir participer à ce renouveau. La famille Ferrier a vraiment donné une nouvelle jeunesse au domaine. " Marc Alcaraz, ancien salarié du château pendant 15 ans, confirme : " Il n'y a pas que l'endroit qui a changé, il y a aussi le vin. Il est boisé et fruité à la fois, rond et puissant en même temps. Sa robe est magnifique. C'est vraiment réussi. DU ROUGE EN CULTURE RAISONNEE Pour Philippe, C'était important d'investir pour changer les techniques de production de son vin. " On a décidé de pratiquer une culture raisonnée. On a remis à niveau les sols, on n'utilise pas d'herbicides et, surtout, on ne traite que lorsque cela est nécessaire, en prenant en compte la pluviométrie, la végétation et le développement de la vigne. " Sylvie Monjalet, le maître de chai et chef de culture, est sur le même longueur d'onde que son patron : " On n'utilise pas de biosulfite au départ, on ne fait pas de foulage. Tous ces petits gestes nous permettent de changer totalement notre méthode de vinification". Ici, pas d'employé à la chaîne, au contraire. Seule Sylvie organise le travail avec quelques prestataires et une saisonnière. " Notre but, ce n'est pas d'avoir un gros rendement, mais une production de qualité." La jeune femme désigne les 200 barriques alignées les unes après les autres dans la cave. " Le vin reste 11 à 15 mois en barrique, ce qui nous permet de produire environ 70 000 à 80 000 bouteilles par an." Philippe espère désormais faire fructifier leur activité. Avec des bouteilles abordables, entre 14 et 16 euros, distribuées dans les caves et chez les particuliers, il a déjà un fichier client bien rempli. " Notre appellation communale Moulis-en-Médoc nous permet d'avoir une légitimité. On se connait tous entre vitivulteurs et on s'entraide. Je suis confiant, le château Duplessis a de beaux jours devant lui."